IRD
Jeudi 22 octobre à 18 h, Delphine Duval, soutiendra sa thèse en vue de l’obtention du grade de docteure.Le projet « Facteurs environnementaux et humains influençant les morsures non provoquées de requins : synthèse, analyses et modélisations à l’échelle mondiale et en Nouvelle-Calédonie » a été réalisé sous la direction de Laurent Vigliola (directeur) / Morgan Mangeas (Co-directeur).
Cette soutenance se tiendra en France à 9h.
Résumé
Les morsures non provoquées de requins ont quadruplé depuis les années 1980, devenant un enjeu majeur de sécurité publique, de gestion du littoral et de conservation des écosystèmes marins. Pourtant, les mécanismes qui déterminent leur occurrence restent encore largement méconnus. Cette thèse vise à identifier les facteurs expliquant leur distribution spatiale et temporelle en combinant des analyses à l’échelle mondiale et une étude de cas en Nouvelle-Calédonie. Une revue systématique de la littérature a d’abord révélé l’importante fragmentation des connaissances actuelles : 40 facteurs ont été proposés pour expliquer les variations spatio-temporelles des morsures, mais seuls 8 ont fait l’objet d’une évaluation statistique. Ce constat a souligné la nécessité de développer des approches quantitatives robustes. À l’échelle mondiale, des modèles prédictifs ont montré que les aires marines protégées n’étaient, dans la très grande majorité des cas, pas associées à une augmentation du risque de morsure. Ils ont également mis en évidence plusieurs déterminants majeurs de la répartition spatiale des morsures non provoquées, parmi lesquels la présence de sites de surf, des eaux chaudes et salines, un niveau élevé de développement humain et une forte fréquentation du littoral. À une échelle plus locale, les analyses menées en Nouvelle-Calédonie ont montré que la densité des morsures augmentait avec la densité humaine. Elles ont également suggéré une relation positive entre l’abondance locale des grands requins, estimée par ADN environnemental (ADNe), et le niveau d’urbanisation, ouvrant ainsi des perspectives pour intégrer cette variable biologique dans les futurs modèles prédictifs. Dans son ensemble, cette thèse a mis en évidence l’existence de déterminants globaux des morsures non provoquées de requins, tout en soulignant l’importance des contextes locaux. Elle a également apporté plusieurs avancées méthodologiques pour l’étude de phénomènes rares et multifactoriels et fourni des connaissances directement mobilisables pour améliorer les stratégies de prévention du risque requin, dans un contexte conciliant sécurité des usagers et conservation des populations de requins.
Composition du jury
- Laurent Vigliola, Chargé de recherche HDR, IRD NC
- Morgan Mangeas, directeur de recherche, IRD NC
- Christophe Lett, directeur de recherche, IRD France
- Pascale Chabanet, directrice de recherche, IRD de La réunion
- Jihad Zahir, maîtresse de conférences, Université Cadi Ayyad (Marrakech)
- Charlie Huveneers, professeur des universités, Flinders University (Australie)
- Sophie Lanco, directrice de recherche, IRD France