Loïc Salmon, maître de conférences en informatique à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), est admis au Programme Inria Quadrant (PIQ) pour son projet PEGASE, qui ambitionne de rendre l’intelligence artificielle plus explicable et de contribuer à l’évaluation de risques environnementaux, sanitaires et maritimes.
Créé dans le cadre du dispositif France 2030, le Programme Inria Quadrant soutient des initiatives de recherche et d’innovation à haut risque scientifique et à fort impact dans le domaine des sciences et technologies du numérique.
Porté au sein de l’Institut des sciences exactes et appliquées (ISEA), le projet PEGASE vise à développer de nouvelles méthodes d’intelligence artificielle capables d’analyser des phénomènes qui évoluent dans l’espace et dans le temps, tout en expliquant les résultats produits. L’objectif est de dépasser le fonctionnement parfois opaque des modèles prédictifs afin de fournir aux acteurs de terrain des outils d’aide à la décision plus transparents.
Trois applications concrètes pour la Nouvelle-Calédonie et le Pacifique
Le projet s’appuiera sur trois domaines d’application : la cartographie des risques d’érosion des sols, notamment en lien avec l’activité minière, la prédiction des risques liés à la leptospirose et l’analyse des comportements anormaux dans le trafic maritime.
En associant recherche fondamentale en informatique et problématiques locales, PEGASE ambitionne de produire des outils utiles aux acteurs institutionnels et scientifiques du territoire. Il illustre ainsi la contribution de l’UNC au développement d’une recherche numérique innovante, en prise directe avec les enjeux environnementaux, sanitaires et maritimes de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique.
Des recherches qui s’inscrivent dans une dynamique scientifique collaborative
Le projet PEGASE s’inscrit dans la continuité de plusieurs travaux de recherche menés en Nouvelle-Calédonie, en lien avec des équipes scientifiques et des problématiques de terrain.
En santé environnementale, les recherches sur la prédiction du risque de leptospirose font écho au projet ANR SpiRAL, ainsi qu’aux travaux menés avec la Pr Nazha Selmaoui et à la thèse de Rodrigue Govan sur la cartographie du risque de leptospirose par l’apprentissage profond des graphes.
Sur les enjeux environnementaux, ces recherches rejoignent celles de Thibaut Dépond, dont la thèse porte sur la prédiction des zones à risque d’érosion, ainsi que les objectifs du projet RESPECT, consacré à la télédétection des pressions et de l’érosion sur les écosystèmes côtiers calédoniens.
Enfin, le volet maritime prolonge les travaux de thèse de Loïc Salmon réalisés à l’École navale et ses recherches sur la piraterie maritime, récompensées par le prix du meilleur article à la conférence nationale EGC en janvier 2026.
Ces différentes collaborations illustrent les apports de l’intelligence artificielle et de l’analyse de données à la compréhension et à la prédiction des risques sanitaires, environnementaux et maritimes.
