Dans la peau d’un chercheur : immersion scientifique pour les étudiants du Master Sciences de la durabilité

Dans la peau d’un chercheur : immersion scientifique pour les étudiants du Master Sciences de la durabilité

Comment mesurer les effets du changement climatique sur le littoral ? Pourquoi certaines plantes calédoniennes accumulent-elles naturellement les métaux présents dans les sols ? Quel rôle joue la mangrove dans le stockage du carbone ? Peut-on mesurer l’érosion côtière ? Comment évaluer la biodiversité récifale et le métabolisme des coraux ?

Pendant deux semaines, les étudiants du Master Sciences de la durabilité de l’Université de la Nouvelle-Calédonie ont quitté les salles de cours pour se confronter à ces questions directement sur le terrain. Grâce à une toute nouvelle école de terrain soutenue par le projet DiversitES, ils ont vécu une expérience immersive leur permettant de découvrir toutes les étapes de la démarche scientifique, de la formulation d’une question de recherche à l’analyse des résultats.

Apprendre la recherche en la pratiquant

L’objectif de cette école de terrain est simple : permettre aux étudiants de se confronter aux réalités du métier de chercheur en conditions réelles.

Accompagnés par des enseignants-chercheurs de l’UNC et des chercheurs des instituts partenaires du CRESICA (IRD, Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie et IAC), les étudiants ont défini leurs propres questions scientifiques, construit des protocoles de recherche, réalisé des prélèvements sur le terrain, analysé les données recueillies puis présenté leurs résultats lors d’une soutenance orale.

Bien plus qu’une sortie pédagogique, cette immersion leur a permis de développer les compétences scientifiques indispensables à la conduite d’un projet de recherche : observation, rigueur méthodologique, esprit critique, analyse de données et restitution des résultats.

Une immersion au cœur des écosystèmes calédoniens

La Nouvelle-Calédonie constitue un terrain d’étude exceptionnel pour comprendre les grands enjeux environnementaux contemporains.

Au Parc Provincial de la Rivière Bleue, les étudiants se sont intéressés aux écosystèmes terrestres emblématiques du territoire : espèces végétales endémiques, plantes hyperaccumulatrices de métaux, diversité des insectes ou encore impact des espèces invasives sur la santé humaine à travers l’étude de la leptospirose.

Répartis en groupes de recherche, ils ont défini leurs zones d’étude, installé des pièges à insectes et à rongeurs, puis réalisé différents prélèvements de végétaux, de champignons ou encore d’échantillons d’eau.

L’école de terrain s’est ensuite poursuivie sur le littoral calédonien afin d’étudier les écosystèmes marins et côtiers confrontés aux effets du changement climatique.

Sur l’îlot Signal, les étudiants ont mesuré l’évolution du trait de côte et les conséquences des conditions météorologiques (vents, cyclones…) sur l’érosion littorale. À la Baie des Citrons, ils ont évalué l’état de santé des récifs coralliens, analysé les interactions entre les espèces qui composent ces écosystèmes fragiles et mesuré le métabolisme corallien.

Enfin, dans la mangrove urbaine de Ouémo, ils ont participé à des mesures de flux de CO₂, à des prélèvements de sédiments et à la détermination du rôle de « pompe à carbone » de la mangrove.

 Découvrir les réalités du métier de chercheur

Cette école de terrain a également permis aux étudiants de découvrir une dimension parfois méconnue du travail scientifique : la vie en immersion sur le terrain.

Pendant plusieurs jours, ils ont partagé le quotidien des missions de recherche, entre organisation logistique, gestion du matériel, travail en équipe et adaptation aux contraintes du terrain.

 

« Je n’avais jamais eu l’opportunité de vivre une semaine complète en immersion. Jusqu’à présent, nous faisions surtout des sorties à la journée avant de rentrer chez nous le soir. Ici, il a fallu apprendre à vivre en collectivité, gérer la fatigue, l’organisation quotidienne et le travail de terrain. Cette expérience nous a permis de mieux comprendre une facette importante du métier de chercheur. Tout le travail qui suit repose sur la qualité des données que l’on collecte sur le terrain. »

Jade Loubriat, étudiante en Master Sciences de la durabilité

Une expérience particulièrement formatrice qui permet aux étudiants de mesurer l’importance du terrain dans la construction des connaissances scientifiques.

De la collecte de données à la restitution scientifique

L’aventure scientifique ne s’arrête pas aux prélèvements.

De retour dans les laboratoires de l’UNC et des instituts partenaires, les étudiants ont traité et analysé les échantillons collectés afin de répondre aux questions de recherche qu’ils avaient formulées.

Comme de véritables chercheurs, ils ont ensuite interprété leurs résultats, confronté leurs hypothèses aux données obtenues et présenté leurs conclusions lors d’un grand oral.

Une école de terrain soutenue par DiversitES

Cette nouvelle école de terrain a pu voir le jour grâce à la détermination sans faille des responsables du master et au soutien du projet DiversitES, porté par l’UNC en partenariat avec l’IRD et le CNRS, et financé par l’AAP ExcellencES (France 2030).

Elle illustre pleinement l’une des ambitions du projet : renforcer les liens entre formation et recherche en offrant aux étudiants des expériences d’apprentissage ancrées dans les réalités du territoire et les grands enjeux environnementaux du Pacifique.

En s’appuyant sur la biodiversité exceptionnelle de la Nouvelle-Calédonie, cette école de terrain permet aux étudiants de développer des compétences scientifiques concrètes tout en contribuant à former les futurs experts capables d’accompagner les transitions environnementales du territoire et de la région.

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Zoom sur le parcours Erasmus Mundus Tropimundo

Depuis 2025, le Master Sciences de la durabilité de l’UNC propose un parcours unique : le parcours « Tropimundo ».

Grâce à ce partenariat international via le réseau Erasmus Mundus Tropimundo géré par l’Université Libre de Bruxelles, l’UNC accueille chaque année des étudiants issus d’universités membres du réseau, tout en offrant à ses propres étudiants la possibilité d’effectuer une partie de leur cursus dans une autres des universités membres.

L’école de terrain constitue l’un des temps forts de cette formation. Elle permet aux étudiants internationaux comme locaux de découvrir les spécificités environnementales de la Nouvelle-Calédonie tout en expérimentant concrètement les méthodes de la recherche scientifique sur le terrain.

 

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